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Alma

  • Photo du rédacteur: Estelle
    Estelle
  • 2 févr. 2022
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 14 sept. 2022






"Voici donc des histoires croisées, celle de Jérémie, en quête de Raphus cucullatus, alias l'oiseau de nausée, le dodo mauricien jadis exterminé par les humains, et celle de Dominique, alias Dodo, l'admirable hobo, né pour faire rire. Leur lieu commun est Alma, l'ancien domaine des Felsen sur l'île Maurice, que les temps modernes ont changée en Maya, la terre des illusions."







J’avais très envie de découvrir l’univers de Le Clézio (prix Nobel de littérature 2008), et c’est assez naturellement que je me suis tournée vers Alma. Paru en 2017, il fait partie des romans les plus récents de l’écrivain, et fait l’unanimité auprès de la critique qui le considère comme son meilleur livre.


J’ai été assez surprise, voire un peu gênée, au début par son écriture. Belle, poétique, certes, mais j’ai eu du mal à me retrouver parmi tous ces acteurs, la langue créole, les allers-retours entre présent et passé… Finalement je me suis laissée bercer dans la moiteur de ce pays avec un amer goût de paradis perdu et j’ai aimé cet univers exotique et mélancolique.

À travers les souvenirs, et les quêtes des deux personnages il est surtout question de l’histoire de l’île. Cette terre sublime et sauvage détruite par l’homme à des fin commerciales : esclavage, canne à sucre, prostitution et j’en passe. Jérémie (issu de la branche riche des Felsen impliqués dans l’esclavage) vient comprendre d'où il vient, revoir Alma, la propriété de ses ancêtres, trouver les réponses aux questions qui restent sans réponse depuis la disparition des derniers acteurs. Dodo (issu de l’autre branche de la famille, celle dont on avait honte), malade et défiguré, quitte l'île et se retrouve à errer en France où la vie sera encore plus dure... Il n'a plus de pays, plus de famille, bientôt plus de nom et comme l'oiseau Dodo il disparaîtra un jour, dans l'indifférence.


Le constat est là, implacable. Nous détruirons-nous un jour comme nous avons détruit cet animal, pourtant à la chair incomestible, qui n'offrait ni intérêt ni danger pour l'homme (et cela a peut-être été son plus gros défaut) ?


J’ai lu Alma comme un hommage à cet animal et à tous ceux qui ont subi le même sort, c’est un travail de mémoire qui souligne l’importance des mots et des noms (comme ceux de la famille de Dodo qui s’effacent sur leur tombe) pour ne jamais oublier et ne pas finir… « Dead as a dodo ».

J. M. G. LE CLEZIO - Alma

Gallimard, 2017

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