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Au pays de la cachaça

  • Photo du rédacteur: Estelle
    Estelle
  • 23 déc. 2018
  • 3 min de lecture

Le truc cool au mois de janvier – parce qu’il n’y a pas grand chose de cool, l’hiver, la pluie, la reprise… - c’est de prendre le temps de profiter de tous ses cadeaux de Noël. J’ai été très gâtée cette année, c’est vrai, mais c’est d’un bouquin que je vais vous parler, évidemment.


On a eu la géniale idée de m’offrir une box de livres, elle s’appelle Exploratology. Le concept est de recevoir chaque mois un coup de cœur littéraire (et c’est plutôt la perle rare que la tête de gondole) avec du thé et des petites surprises. L’idée est aussi de voyager à travers une histoire, de découvrir de nouveaux horizons et d’autres façons d’éditer des livres.  Alors oui, j’étais déjà conquise par la lettre d’accompagnement de ma première boîte et puis… tout autant par son contenu : un livre à la couverture colorée, des contes brésiliens, de jolies cartes, des sachets de thés et du chocolat. Le kit parfait pour occuper ses après-midis d’hiver !


Je me lovai donc dans mon canapé avec une tasse de thé et commençai Sainte Caboche, conte réaliste magique du Nordeste brésilien, de Socorro Acioli. Le premier paragraphe donne le la :


Il n’avait plus de chaussures et ses pieds étaient déjà devenus autre chose : deux bestioles difformes. Une paire d’animaux immondes et dentus. Deux monstres attachés à ses chevilles, infatigables, en avant, l’un devant l’autre depuis seize longs et pénibles jours, entraînant Samuel sous le soleil. 

Happée par ces quelques lignes et par toutes celles qui composent le livre, je n’ai pu le lâcher avant la fin ! Avec une forte envie de le relire. On y retrouve tous les codes du conte traditionnel : un récit court, à l’écriture simple ce qui donne parfois à penser qu’il est réservé aux enfants, mais qui porte en lui une force émotionnelle ou philosophique puissante. J’y ai aussi retrouvé, et pour mon plus grand plaisir, les grands thèmes de la littérature sud américaine : force et crainte de la nature, obsession pour Dieu et la mort, malédictions liées à un village ou une famille (j’ai souvent pensé à Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez pendant ma lecture, qui, au passage, a été pour moi une vraie révélation).


Samuel, le personnage principal doit réaliser les trois derniers vœux de sa mère, qui se sait prête à mourir, (les femmes de sa famille ont une mort annoncée). Après avoir allumé les trois cierges selon sa volonté, elle lui demande une dernière faveur : retrouver son père.


Cherche ton père. Dieu va t’aider. Tu iras, Samuel ?

Après des journées de marches, Samuel arrive enfin à Candeia. Il trouve refuge dans une grotte au pied de la colline… qui n’est autre que la tête d'une immense statue de saint Antoine.


Son seul refuge au monde était un saint décapité, et il retourna à l’intérieur.

Les jours qui suivent, cloitré dans sa tête, il se met à entendre les prières d’amour des femmes du village adressées à Saint Antoine. Accompagné de son nouvel ami Francisco, il y voit alors une parfaite occasion de se jouer des villageois et de se faire un peu d’argent. Mais il n’aurait jamais pensé devenir un véritable faiseur de miracle célébré dans toute la région… ! Une lecture drôle et envoutante.

Ce livre m’a aussi permis de découvrir une nouvelle maison d’édition très prometteuse : Belleville éditions. Une belle maison qui propose des fictions hors des sentiers battus et qui je cite « ouvre des fenêtres sur l’ailleurs ». Pari réussi avec Sainte Caboche, c’est une vraie pépite qui invite au voyage. Rendez-vous à Candeia ☺️


Par ici la boxe Exploratology !

Par ici les belles Éditions Belleville !


SAINTE CABOCHE, Socorro Acioli

Éditions Belleville, paru en mars 2017


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