De la plage aux enfers, il n’y a qu’une page
- Estelle

- 28 juil. 2019
- 2 min de lecture

Lors d’un week-end au #Paysbasque, je me baladais dans les rues de Saint-Jean-de-Luz avant de m’arrêter, bien sûr, dans la première librairie que je croisais. Je n’avais pas emporté de livre dans mon sac. S’il y a quelque chose que j’adore et que permet l’été, c’est de dénicher un livre, plus ou moins au hasard - dans le Relay de la gare ou la librairie du coin - de le dévorer et de le ramener fripé et salé dans le train direction Paris. C’est un petit plaisir de vacances au même titre que le verre de rosé à 16 heures, tout à fait autorisé et accepté en juillet et en août, ou le vernis écaillé devenu toléré voire ignoré. Mais je m’éloigne un peu. Je rentrais donc dans cette librairie où mon regard fut tout de suite attiré vers cette couverture. Un jeune homme brun, musclé et bronzé, face à la mer, une planche de surf à la main. Vers ce titre aussi : Les garçons de l’été. Un titre, somme toute, simple mais intrigant. Enfin, la quatrième promettait « Un Stephen King à la française ». « Alerte pépite » me suis-je dit.
Fière de mon achat je commençais immédiatement mon livre sur la plage de #Ciboure. Je cite ces lieux car coïncidence ou non, l’histoire de déroule en partie au Pays basque, sur les plages que je fréquentais justement à ce moment-là : #Guétary, #Parlementia, Ilbarritz et j’en passe. Je commençais pour ne plus m’arrêter. Ce livre est un véritable page turner. J’ai tout de suite été happée par cette atmosphère moite presque angoissante. Les personnages prennent un à un la parole et les pièces du puzzle s’assemblent ainsi petit à petit. Chacun semble cacher quelque chose et une tension s’installe au fil de leur confidences. Ce que j’imaginais être un roman de plage avait réellement du Stephen King dans les veines. Je n’avais encore rien lu de l’autrice, Rébecca Lighieri (qui écrit aussi sous le nom d’Emmanuelle Bayamack-Ta), et n’ai pas été déçue. Elle restitue parfaitement l’atmosphère en surface si cool et « chill » du #surf et des surfeurs auquel elle ajoute la tension d’un #thriller sanglant. Grisant !
J'ai toujours pensé que les tueurs psychopathes dont on nous rebat les oreilles étaient les bienfaiteurs d'une humanité dont ils abrègent les souffrances et la vie absurde.
Les Chastaing forment une famille aisée, apparemment saine, convenable et convenue. Les deux garçons, Thadée et Zachée, sont beaux et musclés comme des dieux, brillants et passionnés de surf. Leur vie aurait pu s’écouler tranquillement sur les plages du sud-ouest avant que Thadée se face mutiler la jambe par un requin-bouledogue lors d’un séjour sur l’ile de la Réunion. Et la tout s’effondre. Tout déraille. Ce n’est pas l’histoire d’une famille qui fait face au handicap mais l’histoire d’une famille de psychopathe qui se noie doucement dans des eaux troubles et malveillantes. C’est finalement un titre bien innocent pour un livre qui ne l’est pas du tout. Au contraire, il est glaçant, voire dérangeant, mais surtout passionnant ! C’est la pépite de l’été, sans hésiter !
LES GARÇONS DE L'ETE, Rébecca Lighieri
P. O. L, 2017
Folio, 2018



Commentaires