Gare aux poupées !
- Estelle

- 10 avr. 2020
- 3 min de lecture

Confinement oblige, je lis, je lis, je lis et je lis. Je me dis même parfois que je vais finir lassée voire dégoutée… que nenni. Certainement pas si je tombe que sur des #pépites ! J’ai de la chance, je possède chez mes parents toute une étagère de livres 10/18 (une de mes maisons préférées) qui n’attendent que d’être ouverts. Il y a quelques jours je tirai, un peu au hasard, La Vallée des poupées de Jacqueline Susann. Titre accrocheur, jolie couverture, je l’ouvris et le terminai d’une traite !
Grâce à la #préface (je lis TOUJOURS la préface lorsqu’il y en a et qu’importe sa longueur, c’est un nid d’informations qui donne plein de clés de lecture 😉) j’appris qu’il s’agissait d’un best-seller américain paru en 1966, adapté au cinéma par Mark Robson avec Patty Duke, Barbara Parkins et Sharon Tate dans les rôles-titres. Je n’ai pas vu le film mais il s’ajoute à ma liste !
La Vallée des poupées raconte l’histoire de trois jeunes femmes qui débarquent à New York en 1945, la tête pleine de #rêves, de #talent et d’#ambition. Toutes trois vont réaliser leur rêve en se soutenant (presque) toujours, mais sans avoir réalisé le prix à payer pour une victoire aussi précaire qu’éphémère… Il y a la douce et jolie Anne : secrétaire d’un avocat elle deviendra égérie d’une grande marque de cosmétique et passera à côté de l’amour de sa vie. L’ambitieuse Neely : petite danseuse de #Broadway venue de nulle part elle se métamorphosera en redoutable star hollywoodienne abonnée aux cures de désintox. Et la sublime Jennifer : prête à tout pour se faire des fortunes grâce à sa plastique parfaite, elle en oubliera son talent et son amour propre.
Vous l’aurez compris, ça ne finit par super bien pour nos trois #poupées. Après une fulgurante ascension, on assiste à une véritable descente aux enfers qui fait un peu froid dans le dos. Toute cette beauté, ce talent et cette jeunesse sont exploités, lessivés, puis gâchés par une industrie du spectacle et du cinéma dirigée par des #hommes. Tous leurs rêves dépendent des hommes : un mari, un réalisateur, un producteur (souvent les trois en un).
- J’ai toutefois la formule miracle pour te faire dormir : une cure de sommeil en Suisse. - C’est pas plutôt pour soigner les dépressions nerveuses ? - Si, mais pas seulement. J’ai informé la clinique que tu voulais perdre cinq kilos. On te fera dormir huit jours. Quand tu te réveilleras, tu seras toute belle, mince et reposée. Ton visage en pâtira probablement, mais le lifting remédiera au relâchement.
C’est un peu agaçant à la lecture ! C’était une autre époque évidemment… Ce qui est curieux et que j’ai beaucoup apprécié dans ce livre c’est le mélange de #stéréotypes et d’aspirations modernes, de #sentimentalisme et de scènes cash. Si en effet elles sont soumises aux injonctions des hommes et de la société, leur talent, leur courage et leur amitié sont forts et puissants.
Les « poupées » du titre font allusion aux trois starlettes mais aussi aux petites poupées (comprendre « pilules ») qu’elles ne cessent d’ingurgiter. Pilules rouges, vertes ou jaunes. Pilules pour s'évader, dormir, maigrir, ou rester jeune. Pilules à avaler avec de l’alcool. Et pilule qui leur coûtera bientôt la vie…
Je te comprends, dit Neely, en souriant. Moi aussi je veux des enfants. Mais en attendant, Dieu merci, j’ai les poupées rouges, jaunes et vertes pour m’aider.
Ce livre se gobe comme une petite #pilule. Et on en redemande ! C’est un véritable page turner qui nous embarque dans les nuits new yorkaises, les show de Broadway et les plateaux hollywoodiens. Je ne suis pas du tout étonnée qu’il ait donné lieu à un film et qu’il ait battu tous les records de vente à sa sortie. Un peu subversif à l’époque pour l’histoire des pilules, il reste un classique de la littérature américaine. Pépite ! 💘
LA VALLÉE DES POUPÉES, Jacqueline Susann Presses de la cité, 2014 10/18, 2016



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