top of page

La première fois qu'Aurélien vit Bérénice ...

  • Photo du rédacteur: Estelle
    Estelle
  • 14 mars 2020
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 16 mars 2020



Quelques jours off devant moi (grippe oblige), c’est le moment parfait pour entamer un bon gros pavé. Un bon gros #classique comme je les aime tant 😃. En réalité je n’ai pas réussi à me concentrer pour lire les premiers jours tellement j’étais crevée. J’ai donc eu recours aux livres audio et aux podcasts ! Je vous les conseille c’est un super moyen de passer le temps tout en se cultivant lorsque l’on est cloué au lit. Une fois mon état un peu plus stable, je choisis donc un « bon gros classique ». On m’avait offert #Aurélien d’Aragon pour mon anniversaire, c’était le moment parfait pour l’entamer.


Je ne connais pas bien l’œuvre d’#Aragon. Mes connaissances se limitent à la lecture et à l’étude des voyageurs de l’impériale pendant ma licence de lettres. J’avais bien aimé l’ambiance, l’époque (début du xxe siècle) et les cours de mon chargé de TD, très passionné. Mais pour ma part, je l’avais trouvé sans plus, un peu long et une fin bizarre. Néanmoins, quand j’interroge mon entourage sur leur livre préféré (oui, j’aime bien savoir ! Ça peut en dire long sur quelqu’un, comme la chanson ou la saison préférée … 😉) Aurélien d’Aragon est sorti plusieurs fois. Abon ? Si bien que ça ? Ah oui, sublime. Bon, ok, j’ajoute à ma #wishlist. Et c’est ainsi qu’Aurélien figura sur ma liste.


Première phrase. Cinglante, parfaite :

La première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il l'a trouva franchement laide.

À la hauteur de tous les grands classiques. On pense forcément à « Longtemps je me suis couché de bonne heure », l'incipit de Du côté de chez Swann de #Proust ou à « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. » de #Camus dans l’Etranger. Bref, cette phrase ne pouvait présager que d’un bon roman.


Ainsi commence Aurélien. Le roman se déroule dans les années vingt et décrit le grand amour que le lieutenant #Aurélien Leurtillois, célibataire trentenaire et oisif, encore hanté par les souvenirs du front, éprouve pour une jeune provinciale, Bérénice Morel, femme mariée, venue à Paris pour quelques jours. Aurélien vit dans un appartement en plein cœur de Paris, sur l'île Saint-Louis, possède une rente confortable, mais il a surtout le terrible sentiment d'errer sans but, de passer à côté de sa vie. À 30 ans, il semble que celle-ci n’ait pas encore commencé… jusqu'à ce qu'il croise #Bérénice. Bérénice qu’il trouva « franchement laide », puis dont il tombe passionnément amoureux. Ils se croisent, se manquent, se séparent puis se retrouvent 18 ans plus tard.


L’histoire est si simple et c’est ce qui la rend si belle à la fois. En 700 pages (attention c’est un bon gros pavé) Aragon nous embarque dans sa langue, dans la beauté de ses mots et de ses images. Son écriture est d'une finesse et d’une justesse exceptionnelle. Il nous livre une étude des sentiments et surtout de l’amour. Car Aurélien (c’est comme ça que je l’ai lu et compris) est LE roman de l’#amour. Sur l’amour, sur les difficultés et les joies d’aimer. Sur l’amour impossible, aussi. Que signifie « aimer » ? Pourquoi aime-t-on ? Qu’est-ce qui nous fait tomber amoureux ? Certainement pas le coup de foudre ou la beauté évidente car, nous l’avons dit, « La première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il l’a trouva franchement laide ».


C’est là qu’Aragon déploie tout son génie : dans les détails, dans l’irrationnel, dans le cheminement amoureux des deux personnages, étapes par étapes, paliers pas paliers. D’abord le germe, la naissance, l’imagination, la #passion, le manque, la joie puis les pires souffrances. L’auteur met le doigt avec une précision parfois assez déroutante sur des sensations et des réflexions que l'on partage avec les personnages sans même en avoir conscience. Le lecteur est forcément confronté à ses propres histoires d’amour. Ce n’est pas pour autant un roman à l’eau de rose, loin de là. Les deux personnages sont loin d’être parfaits et ne finissent pas ensemble (désolé pour le spoil). L’amour c’est aussi la jalousie, la folie, la tristesse, l’attente, l’envie de mourir, parfois. Aragon explore l’amour dans tous ses états et dans tous ses états d’âmes. C’est juste #beau ! J’ai lu et relu certains passages tant j’ai été touchée par la beauté de ses phrases.


Il frotte la paume de sa main et s’étonne. Une brûlure, une présence. Une absence. Les deux à la fois. Une chanson.

C’est un véritable poème en prose ! Je peux donc le dire moi aussi aujourd’hui, Aurélien est l’un de mes livres préférés. C’est également un très beau roman sur #Paris, une ode à la ville, qui y tient l’un des premiers rôles. Certaines descriptions de rues ou de bars m’ont littéralement scotchées.


Bref, je pourrais encenser ce livre sur des dizaines de lignes encore, mais le mieux est que vous le lisiez ! Une #pépite brute, un chef d’œuvre intemporel. L’amour n’est pas prêt de s’envoler ! 💗💗💗


AURÉLIEN, Aragon

Gallimard, 1944

Commentaires


  • Noir Facebook Icône
  • Black Instagram Icon
  • Black Twitter Icon
bottom of page