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La reine des neiges est une panthère

  • Photo du rédacteur: Estelle
    Estelle
  • 28 déc. 2019
  • 3 min de lecture


#PrixRenaudot oblige, je commençais il y a quelques jours le dernier ouvrage de #SylvainTesson, La panthère des neiges. Si je connaissais assez bien le personnage (radio, télévision, il est très présent sur la scène médiatique), je ne l’avais jamais lu. C’est donc avec beaucoup de curiosité que j’entamais cette lecture. Et sans exagérer, je peux dire que c’est de loin la plus belle découverte de l’année !


Dans cet ouvrage il raconte son voyage au Tibet au côté du photographe animalier #VincentMunier.


– Tesson ! Je poursuis une bête depuis six ans, dit Munier. Elle se cache sur les plateaux du Tibet. J'y retourne cet hiver, je t'emmène. – Qui est-ce ? – La panthère des neiges. Une ombre magique! – Je pensais qu'elle avait disparu, dis-je. – C'est ce qu'elle fait croire.

Tesson et Munier s’aventurent donc à la recherche de la rare et mystérieuse panthère des neiges. Celle-ci vit à plus de 6000 mètres d’altitude dans un froid glacial (le thermomètre descend jusqu’à – 35°) entre la #Mongolie et le #Tibet. Il faut aimer l’aventure… Loin de toute civilisation, les deux hommes, accompagnés de deux autres camarades, apprennent à se dissimuler pour voir. Dans cette nature époustouflante l’homme n’est plus qu’un simple invité qui peine à supporter ce climat brut et glacial. Munier apprend à Tesson à ne pas parler, à être patient et à être à l’affût. C’est exactement les sentiments que j’ai ressenti en lisant ce livre. On participe avec nos aventuriers à un long et difficile périple, on s’essouffle avec eux, on a froid et on attend le moment où, enfin, la panthère fera son apparition. Et quelle apparition ! C’est une reine : sa simple présence impose son autorité.


Elle nous a repérés, pensai-je. Que va-t-elle faire ? Bondir ? Elle bâilla. Voilà l'effet de l'homme sur la panthère du Tibet.

Cet ouvrage est un éloge de la #patience (ce qui fait un bien fou dans cette société où tout va trop vite !). Le temps s’allonge, chaque espèce vit au rythme qui lui convient.


L'espace ne défile plus. Le temps impose ses nuances, par touches. Une bête vient. C'est l'apparition.

C’est également une ode à la #nature. Immenses plaines, paysages immaculés : j’ai eu le sentiment de prendre un grand bol d’air frais ! Les mots de Tesson subliment chaque apparition : les yacks, les faucons, un chat de Pallas, la panthère, bien sûr. Comme Munier, qui à travers ses photographies ne salue que la #beauté pure, et elle seule (« jamais on ne verra un sac plastique étrangler une tortue »), Tesson à travers ses livres écrit la beauté de la nature.


Il fait également un parallèle entre la panthère et son amour perdu. Une #femme sauvage et inaccessible.


J’associais quelqu’un à l’animal : une femme qui ne viendrait plus nulle part avec moi. C’était une fille des bois, reine des sources, amie des bêtes. Je l’avais aimée, je l’avais perdue. Par une vue de l’esprit infantile et inutile, j’associais son souvenir à un animal inaccessible. Syndrome banal : un être vous manque : le monde prend sa forme. Si je rencontrais l’animal je lui dirais plus tard que c’était elle que j’avais croisé un jour d’hiver sur le plateau blanc. C’était de la pensée magique.

C’est mon passage préféré. Vous l’aurez compris ce livre est une pépite à glisser sous le sapin ou à s’offrir soi-même pour cette fin d’année. Un condensé de nature, de beauté et de poésie !

LA PANTHÈRE DES NEIGES, Sylvain Tesson Gallimard, 10 octobre 2019 Prix Renaudot 2019

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