Le Nom de la rose
- Estelle

- 18 mai 2020
- 3 min de lecture

Lorsque notre président nous a annoncé un mois de plus de confinement je n’étais plus vraiment dans un super mood « marathon de lecture » ! J’ai beaucoup lu le premier mois (trois romans de 600 pages) ça m’a changé les idées, ça m’a permis de ne pas trop penser à ce sale virus et ça a surtout bien occupé mes journées ! Enfin, même si lire est une de mes activités favorites, quand c’est trop, c’est trop. Ça commençait à m’ennuyer, je n’en avais même plus envie, il fallait que je fasse autre chose.
Une petite semaine de pause et me revoilà à la recherche d’un nouveau compagnon ! Cette fois ci j’avais envie d’un bon gros #classique. Ça tombait bien car la #bibliothèque de mes parents en regorge. Je choisis Le Nom de la rose d’Umberto Eco. Très reconnu, très gros, un peu compliqué, il n’en fallait pas moins pour m’occuper un mois de plus. L’édition de ma maman date de 1987 (la traduction française a paru en 1982), c’est un grand format accompagné d’une jaquette avec la couverture du film (le roman a été adapté au cinéma par Jean-Jacques Arnaud en 1986). Le grand format, la jaquette, le film… tout ce que je déteste ! Mais j’avais envie de me challenger un peu et puis, Le Nom de la rose c’est un peu le roman qui fait l’unanimité. Je voulais comprendre pourquoi.
L’histoire se déroule au XIVe siècle, en 1327 exactement au moment où la chrétienté vit une grosse crise. En gros et pour faire très très simple, le #pape à cette époque est amateur de richesse alors que les franciscains prônent la pauvreté. Beaucoup de violence, de débat et de morts pour savoir si oui ou non le Christ était pauvre… C’est dans ce contexte que l’ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville est appelé à se rendre dans une #abbaye du Sud de la France pour découvrir ce qui a bien pu pousser un #moine à se fracasser les os aux pieds des murailles de l’abbaye. Il est accompagné de son apprenti secrétaire Adso de Melk, narrateur de l’histoire. Le récit est divisé en sept journées et chaque journée en période correspondant aux heures liturgiques (matines, laudes, prime etc. il y a une petite note au début de livre qui permet de se repérer facilement). Et chaque jour correspond à un #assassinat.
Si ce résumé peut paraître un peu #austère voire ennuyeux, ce roman est loin de l’être ! C’est d’une part un roman #historique, notamment sur le #catholicisme au XIVe siècle et d’autre part un véritable roman #policier (« policier médiéval »). Les personnages sont tous très subtils et finement conçus. Umberto Eco enlumine son récit avec un souci du détail parfois déroutant, en particulier dans la description de l'abbaye, de sa bibliothèque et du #labyrinthe dans lequel on finirait par se perdre rien qu'à lire. Il y a l'enquête, bien sûr, mais pas que… l’auteur, à travers les dialogues des personnages, apporte des débats d'ordre #philosophique sur le rôle du livre ou du rire, sur le savoir, le fanatisme, la révolte des classes populaires, sur l'idée même de bibliothèque et sa fonction à l'échelle de l'humanité, sur les liens troubles qui existent entre Pouvoir, Possession et Savoir etc. C’est passionnant !
- Et donc une bibliothèque n’est pas un instrument pour répandre la vérité, mais pour en retarder l’apparition ? - Pas toujours, et pas nécessairement. Dans le cas présent, elle l’est.
J’admets avoir eu des difficultés à lire certains passages. Les thèmes abordés sont parfois compliqués voire obscures (n’ayant pas une grande connaissance de l’histoire religieuse) et il y a pas mal de passages en latin ou en vieux français. Le langage peut troubler mais qu’importe, c’est un régal ! J’ajoute que c’est un livre plein d’#humour aux nombreuses références littéraires, que je n’ai certainement pas toutes repérées. Guillaume de Baskerville n’est autre que Sherlock Holmes et son fidèle Watson est incarné par Adso 😉
- Mais alors, vous êtes encore loin de la solution… - J’en suis très près, dit Guillaume, mais je ne sais pas de laquelle. - Donc, vous n’avez pas qu’une seule réponse à vos questions ? - Adso, si tel était le cas, j’enseignerais la théologie à Paris. - À Paris, ils l’ont toujours la vraie réponse ? - Jamais, dit Guillaume, mais ils sont très sûrs de leurs erreurs. - Et vous, vous ne commettez jamais d’erreurs ? - Souvent, répondit-il. Mais au lieu d’en concevoir une seule, j’en imagine beaucoup, ainsi je ne deviens l’esclave d’aucune.
Si vous n’êtes pas effrayé par le Moyen Âge, les bibliothèques poussiéreuses ni par le Diable, je vous conseille vivement ce chef d’œuvre ! 🌹
LE NOM DE LA ROSE, Umberto Eco Grasset, 1982 Le Nom de la rose (film), 1986



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