Le retour de Lolita
- Estelle

- 23 août 2019
- 2 min de lecture

S’il y a un livre qui m’a fait de l’œil cette année, c’est bien le dernier #LolitaPille. Lolita, elle-même, en photo sur le bandeau de couverture, semble m’interpeller. Elle me regarde, intrigante, provocante, dérangeante ? Dérangeante, certainement, après le succès fracassant de son premier roman #Hell, écrit à 17 ans (alors qu’elle passait le bac). Véritable prodige à l’instar de Françoise Sagan. Hell, avait beaucoup fait parler, il avait choqué aussi, Lolita avait été tantôt célébrée tantôt chahutée par la presse et les médias. Au lieu de louer les évidentes qualités d’écriture de Lolita, on voulait surtout savoir si Hell, c’était elle. Si elle aussi était une pétasse.
Je suis une pétasse. Je suis un pur produit de la Think Pink génération, mon credo : sois belle et consomme.
C’est la première phrase du roman. Je l’ai découvert à 14 ans et il m’a bouleversé. Car Hell c’est bien plus que cette première phrase. L’héroïne s’ennuie terriblement (tout comme je m’ennuyais à 14 ans…), elle fait partie d’une jeunesse dorée où l’argent coule à flot et où la solitude est reine. Ce roman aurait pu être creux, mais il est percutant. Je vous conseille vivement de le lire si ce n’est déjà fait !
Dix années plus tard, je retrouve Lolita Pille avec Elena et les joueuses et alors la tentation est trop forte. J’ai très envie de croire, moi aussi, que son œuvre est le reflet de sa vie. Lolita à 17 ans connaît un succès fracassant tandis qu’Elena (l’héroïne de ce dernier roman), la trentaine (tout comme l’auteure aujourd’hui), ex-prodige du tennis a stoppé net sa carrière avant même qu’elle n’ait décollée.
J'étais libre. Voilà mon histoire dont voici la conclusion ironique. Favorisée comme je l'étais, si j'avais réussi, je ne l'aurais pas dû à mes seuls mérites, par contre, je peux me glorifier de devoir mon échec à ma propre inconsistance.
Difficile de ne pas faire l’amalgame. Son style, quant à lui, a également muri. On retrouve ces phrases brèves et percutantes, ces dialogues rapides et contemporains qu’elle mêle cette fois-ci à de très beaux moments de poésie.
Tout le monde a du talent, c'est la chose au monde la mieux partagée. Mais l'opération par laquelle on transforme un talent moyen en puissance véritable, c'est le secret, du monde, le mieux gardé.
Si #Elena le cherche toujours, #Lolita semble l’avoir trouvé ce secret ! Son talent est une puissance véritable et son dernier roman une #pépite à lire absolument.
Je vous conseille également d’écouter le génial podcast « La Poudre » animé par Lauren Bastide. Dans l’épisode 47 elle y reçoit Lolita Pille et sa voix légèrement cassée, débordante de mystère et d’intelligence. Loin, très loin, de la pétasse écervelée de son premier roman Hell.
Par ici pour écouter le Podcast : épisode 47 - Lolita Pille
ELÉNA ET LES JOUEUSES, Lolita Pille
Stock, 2019



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