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Le vieux qui était amoureux de la forêt

  • Photo du rédacteur: Estelle
    Estelle
  • 27 mai 2020
  • 2 min de lecture


Quand on annonça la mort de Luis Sepúlveda ce 16 avril 2020, je me rendis compte que je n’avais encore rien lu du célèbre écrivain #chilien. Je fouillai la #bibliothèque de mes parents, mais rien à « #Sepúlveda ». Confinement oblige, j’attendis le 11 mai avant de me rendre enfin dans ma librairie, Le comptoir des mots, située près de la place Gambetta dans le XXème arrondissement de Paris.

Je choisis Le vieux qui lisait des romans d’amour, le plus célèbre roman de l’écrivain mais aussi le premier qu’il écrivit. J’ai tout de suite adoré le titre mais aussi la couverture. Il s’agit d’un détail d’un tableau d’Henri Rousseau représentant une magnifique tête de tigre rugissant dans la jungle. En réalité, le tableau complet montre le tigre chevauché par un homme, un ukulélé à la main. C’est assez cocasse lorsque l’on connaît l’histoire du roman !

Contrairement à ce que laisse penser le titre, ce livre ne parle pas de #romans d’amour. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi un titre différent pour cet article ! Certes, le personnage principal, Antonio José Bolivar est fan de ce type de roman, mais c’est plutôt anecdotique et c’est une bonne excuse pour un bon titre (selon moi !). C’est enfaite l’histoire d’un vieux monsieur qui connaît par cœur les profondeurs et les secrets de la forêt amazonienne grâce à sa « formation » auprès des Shuars, les habitants de la forêt. Le vieux vit paisiblement avec ses romans jusqu’au jour où les villageois d’El Idilio accusent à tort les Shuars du meurtre d’un chasseur blanc. Il quitte alors ses romans pour chasser le vrai coupable, une #panthère majestueuse…

Je l’ai dé-vo-ré ! Tout d’abord parce qu’il est très court et très facile à lire, mais aussi parce que l’auteur nous transporte dans la forêt amazonienne avec une innocence rusée et une fausse légèreté. C’est une dénonciation de la destruction aveugle et stupide de l’#Amazonie et de l’équilibre naturellement établi entre les #animaux et les #indigènes. Mais ce n’est pas non plus une condamnation facile opposant le méchant blanc et le vieil innocent. Par exemple, le village d’El Idilio n’a rien d’idyllique, il est même très hostile aux hommes.

Malgré les avertissements des indigènes, il semèrent les premières graines et il ne leur fallut pas beaucoup de temps pour découvrir que la terre était trop pauvre. Les pluies lavaient continuellement, de sorte que les plants ne recevaient pas la nourriture nécessaire et mouraient sans fleurir, trop faibles ou dévorés par les insectes.

De même, le face à face avec la nature et les animaux n’est pas si évident et réclame moins de « sentiments » que ce que notre imaginaire nous laisse croire. La scène finale entre la panthère et le vieux ainsi que leur petit jeux de cache-cache en est la preuve. Les dernières pages sont d’ailleurs très belles.

Le bruit de la rivière, de la pluie et des mouvements de l’animal était tout ce qui le reliait à l’univers.

Une toute petite pépite à que l’on le dévore sans pouvoir s’arrêter jusqu’à une fin sublime, que l’on juge trop rapide ! 🐆🌸🌺

LE VIEUX QUI LISAIT DES ROMANS D’AMOUR, Luis Sepúlveda Éditions Métailié, 1992 Points, 1995

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