Moi aussi j'aime ça éplucher les patates !
- Estelle

- 23 déc. 2018
- 3 min de lecture

Ma routine, comme celle de la majeure partie des parisiens, c’est métro, boulot, dodo. Bon parfois (souvent, depuis les beaux jours) c’est aussi métro, boulot, apéro, dodo (pas assez). Le métro, on déteste tous ça. On est serré, ça pue, il y a toujours un problème etc. Mais bizarrement, s’il y a quelque chose que j’adore en prenant le métro tous les jours c’est observer les affiches publicitaires. Déchirées, colorées, taguées, superposées, de vraies œuvres d’art, elles m’ont toujours fascinée. Si je bouscule les voyageurs c’est rarement parce que je suis pressée mais parce que j’ai les yeux rivés sur les pans de murs. En plus d’égayer ces chemins sous terre, elles me tiennent au courant des évènements culturels de la ville : concerts, pièces de théâtre, films à paraître (au cinéma)… D’ailleurs, ces derniers jours, l’une d’entre elles retient particulièrement mon attention.
Le cercle littéraire de Guernesey. L’affiche réunit tous les codes du drame « historico- romantique » parfait (du moins, comme je les aime et comme Hollywood sait si bien les faire) : une plage anglaise, en haut un homme et une femme se regardant les mains tendues l’un vers l’autre, en bas une ribambelle de personnages au regard franc et déjà attachant, et partout des lettres volantes et des cachets de timbres. Bref, une histoire d’amour sur fond de seconde guerre mondiale.
Le titre me disait vaguement quelque chose avant que je réalise qu’il s’agissait de l’adaptation du célèbre roman de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows : Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates. Et accrochez vous, en anglais : The Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society. Je me souvenais l’avoir vu à plusieurs reprises dans ma bibliothèque et avoir entendu beaucoup de très bons retours. J’avais trouvé ma prochaine lecture ! Je me dépêchais de le retrouver et de le finir avant que le film ne soit plus à l’affiche.
Lorsqu’il y a un tel consensus autour d’un livre c’est souvent pour de bonnes raisons. J’ai dévoré Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates ! C’est une lecture parfaite pour l’été : facile, drôle, un poil dramatique mais surtout romantique. L’histoire se déroule entre Londres et l’île de Guernesey en 1946, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, donc. Juliet Ashton, l’héroïne, est une jeune auteure en manque d’inspiration jusqu’à ce qu’elle reçoive une mystérieuse lettre d’un des membres du Club Littéraire de Guernesey. Elle brûle d’en savoir plus et échange de nombreuses lettres avec tous les membres du Club avant de se décider à les rencontrer sur l’île afin d’écrire un article sur leurs aventures. Elle finira par s’éprendre d’un des habitants de Guernesey, Dawsey Adams, le (très) charmant éleveur de cochons à l’origine de la première lettre ; et son attachement à l’île et à ses habitants changera radicalement sa vie et sa carrière d’écrivaine.
Lire de bons livres vous empêche d’apprécier les mauvais.
Ce livre offre selon moi bien plus qu’une charmante intrigue. Je ne suis pas fervente des romans épistolaires cependant j’ai vite oublié mon appréhension pour dévorer lettres après lettres les confidences des habitants de Guernesey. C’est une forme qui apporte un vrai rythme et qui permet d’être au plus prêt des sentiments de chaque personnage. Ce roman offre également un point de vue original, et plutôt méconnu, de la Seconde Guerre mondiale. On découvre comment ont vécu les insulaires, isolés plus que jamais et coincés avec l’ennemi. Enfin j’ajoute à cela, une bonne dose d’humour anglais et une ode à la littérature. Au sein du club des épluchures de patates, la lecture, le partage et l’humour rendent supportable l’insupportable.
Le film, quant à lui, est à la hauteur de mes espérances. On y retrouve mot pour mot certaines répliques et de loin les plus drôles ! Le casting est idéal. On y retrouve quasi tous les acteurs de Downton Abbey (avis aux amateurs !). Lily James fait une parfait Juliet Ashton et Michiel Huisman incarne un Dawsey Adams à tomber. C’est un éleveur de cochon à la chemise entrouverte et au regard ténébreux… Bien plus sexy que dans le livre j’admets, le filtre d’Hollywood est passé par là ! Certains passages sont certes un brin gnangnan, production américaine oblige, le résultat n’en reste pas moins touchant et largement réussi.
Soit, deux alternatives à vos après-midi de canicule : un bon livre en terrasse pour les plus courageux ou un film efficace au frais dans une salle de cinéma. Deux pépites à lire ou à voir absolument. À vous de choisir (ou pas !)
LE CERCLE LITTÉRAIRE DES AMATEURS D'ÉPLUCHURES DE PATATES,
Mary Ann Shaffer & Annie Barrows
Éditions Nil, 2009
10/18, 2011



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