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On ne naît pas vieux garçon, on le devient !

  • Photo du rédacteur: Estelle
    Estelle
  • 23 déc. 2018
  • 3 min de lecture


On connaît tous un vieux garçon. On en a tous un dans son entourage, un membre de sa famille, un cousin éloigné… Un gars sympa, un peu timide, dont on n’a jamais connu la moindre petite copine. C’est une sorte de bête étrange, on ne comprend pas bien mais on ne peut pas lui en parler, c’est gênant. J’avoue que j’ai toujours voulu savoir ce que pensait un « vieux garçon », s’il était heureux comme ça, si c’était son choix. Par chance, je suis tombé un jour sur un bouquin intitulé Le Club des vieux garçons. Quelle aubaine ! J’allais enfin avoir la réponse à mes questions. Voilà ce qui fait un parfait vieux garçon en trois points : 



1 - Un nom

Ici on ne parle pas de tous les vieux garçons mais des vieux garçons de bonnes familles. J’entends des « fils de » de catégorie supérieure. Le narrateur, François de Rupignac, est issu d’une des plus vieilles familles de France. Son grand père est duc, rien que ça. Enfin le problème c’est que de nos jours être duc c’est un peu comme être condamné à rester planqué derrière une malle toute sa vie. Néanmoins, papi Rupignac espère que son petit fils fera perdurer le nom. Mais pour ça, encore faut-il qu’il rencontre une fille… et de bonne famille s’il-vous-plait. C’est pas gagné, François, coincé entre l’appartement de la rue de Grenelle et la maison de Saint-Jean-de-Luz rêve de tout sauf de nanas, et préfère traîner avec son oncle Albert au club Jockey, repère de vieux croutons.

2 - Un pote

En pension, François rencontre celui qui sera son acolyte pour le reste de ses aventures. Pierre est un petit révolté, lui aussi, complètement à côté de son âge et de son temps. Il deviendra prêtre et mettra ainsi fin à tout espoir de flirt ou d’amourette… Ces deux hurluberlus de la société sont inséparables. Ils adorent tous les trucs de vieux, la chasse, les auteurs ringards, Jean d’Ormesson, les mocassins et les chaussettes montantes. Des schnocks assumés quoi. Drôles et décalés ils sont attachants et m’on presque donné envie d’être une vieille garçonne moi aussi !

3 - Un projet farfelu

Malgré leur belle amitié, ils s’ennuient. François rêve de redorer l’image de tous ces énergumènes, qui, comme lui, ne sont ni homme, ni femme mais … un véritable troisième sexe ! Et pour cela, ils ont l’idée de génie de créer leur club, le club des vieux garçons. Rapidement, ils ont beaucoup d’adhérents (se reproduisent-ils ?!). Dîners, champagne, discussions au coin du feux jusqu’au petit matin… les journées s’écoulent paisiblement chez les « fils de » et François recommence à s’ennuyer. Il faut frapper plus fort et passer à l’action. Avec son pote Pierre au col blanc, ils décident de piéger toutes les canailles de la société. Dont un certain Pierre-Alain Précieux, un escroc d’auteur qui rêve de rejoindre l’Académie Française avec son recueil de poèmes Taffetas et tasses de thé ou encore son émouvant récit Et un café liégeois pour le dessert. Hilarant.

Alors je ne pense pas avoir décelé tous les secrets du vieux garçons mais la plume fine légère et si drôle de Louis-Henri de La Rochefoucauld (et ça si ce n’est pas un nom de vieux garçons faudra m’expliquer à nouveau… !) me les a rendu bien sympathiques. Un regard satirique et tendre sur des moralisateurs à deux francs. Une belle pépite issue des préjugés d’une vieille France pure, dure et attendrissante.



Il aime les feux de cheminée, les couchers de soleil, les chaussettes montantes, l’humour anglais et les vestes d’intérieur. La littérature, aussi. 

LE CLUB DES VIEUX GARÇONS, Louis-Henri de La Rochefoucauld

Éditions Stock, paru le 15 février 2017


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