Passion Subutex
- Estelle

- 20 avr. 2019
- 2 min de lecture

Avec un retard impardonnable je commençais il y a quelques jours le premier roman de la trilogie #Despentes, #VernonSubutex. J’étais pressée par l’arrivée de la série #Canal, je l’admets, mais intriguée depuis sa sortie. Je n’en avais entendu que du bien. Et pour cause. Ce bouquin explose à la figure. Il chante, il hurle, il dénonce, il danse, il pleure, il vit quoi. C’est violent et c’est agréable à la fois.
C’est l’histoire d’un mec, Vernon Subutex (drôle de nom, ça me fait penser au titre d’une chanson, d’un groupe de rock ou d’une confrérie américaine). Il se retrouve à la rue, c’est le point de départ du roman. C’est tellement commun, ça nous frôle tous les jours, que l’on a du mal à croire que ça puisse nous arriver. Mais ça arrive. Vernon ne veut pas y croire. Si bien qu’il continue à vivre en trompant son monde – ce qu’il croit – et en squattant tour à tour les apparts de ses anciens potes. Anciens, car quand on se laisse doucement partir à la dérive, on s’isole et on finit seul. Simplement, Vernon a un don, il charme, il apaise, il hypnotise de ses yeux bleu azur. Il possède ce que l’on appelle une aura. C’est très utile lorsque l’on cherche un toit pour dormir.
Mais le succès, c'est comme la beauté, ça ne se discute pas : ça marche.
Ancien disquaire #rock, il retrouve donc (merci Facebook et Twitter) ses anciens copains de la grande époque (came – sexe – rock des 90s) pour une nuit ou deux, ou plus si affinité. Sauf que Vernon ne passe pas sans laisser de trace. C’est le genre de type dont toutes les femmes tombent amoureuses, dont les hommes jalousent mais ne peuvent s’empêcher d’admirer et d’apprécier, dont les mères rêvent d’avoir comme fils … Il déchaîne les passions. Il est l’incarnation de toutes nos peurs et de la merde qu’on ne préfère pas trop remuer pour ne pas y (re)plonger. C’est notre fantôme à tous, un disparu qui cesse de resurgir, toute son époque et ses bons et mauvais souvenirs avec lui.
Le diable est bon danseur, sinon personne ne le suivrait sur la piste.
Et Virginie Despentes est très bonne auteure, ce bouquin est une petite pépite. Il m’a tout simplement happé du début jusqu’à la fin. C’est une espèce de Comédie Humaine du XXIe siècle dans laquelle tous les personnages se croisent, se rencontrent et s’entrechoquent. Ces #antihéros, pauvres, noirs, riches, gros, trans, toxicos, homos (et j’en passe !) lui permettent d’aborder un grand nombre de sujets sociétaux. J’ai beaucoup aimé la façon, si brute et si juste, dont elle aborde certains thèmes comme la violence conjugale, le deuil ou encore le lien unique qui unit un maître et son chien. En bref, ce livre réunit tout ce que j’aime : une histoire géniale et une vraie réflexion sur notre société. Alors si ce n’est pas déjà fait, n’hésitez pas et lisez Vernon ! 💿📕❤️
VERNON SUBUTEX, Virginie Despentes
Édition Grasset, janvier 2015
Le Livre de Poche, mars 2016



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