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Plutôt king kong que kate moss

  • Photo du rédacteur: Estelle
    Estelle
  • 15 févr. 2020
  • 3 min de lecture


Je suis un peu à la ramasse, je l’admets, niveau culture #féministe. Je m’y intéresse de plus en plus mais je ne sais pas toujours par où commencer. J’ai lu Mémoires d’une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir (Le deuxième sexe, pas encore !), Une chambre à soi de Virginia Woolf, j’écoute régulièrement les podcast féministes La Poudre, Intime & Politique et Quoi de meuf etc. Bref. Ce n’est pas énorme et je me sens souvent démunie face à certains débats. Un de mes objectifs cette année est donc d’enrichir cette #culture et de lire un maximum d’ouvrages à ce sujet pour rattraper mon retard !


La #librairie de mon quartier, Le comptoir des mots, a justement un rayon exclusivement dédié aux livres féministes. Je farfouille donc un peu au hasard, encore une fois, sans trop savoir par où ni par quoi commencer quand je tombe sur le nom de Virginie Despentes. J’avais a-do-ré sa trilogie Vernon Subutex, et cette fois-ci, j’ai entre les mains un essai, King Kong Théorie. J’en avais justement beaucoup entendu parlé, dans des articles ou dans des podcast et il m’a semblé que oui, il devait être un classique de la culture féministe. L’image de couverture montrant une espèce de guerrière amazone dans un paysage urbain chaotique m’avait de toutes façons convaincu dès le début. Je repartais donc avec mon petit livre féministe au drôle de titre, sans vraiment savoir à quoi m’attendre.


Quelle claque !

150 pages intenses, souvent dures, mais criantes de vérité. Pendant la lecture je me suis souvent esclaffé « Mais oui ! » ; « Évidemment ! » ; « C’est tellement vrai ! ». Et tellement peu dit ou admis…. Dans cet essai, #VirginieDespentes parle à la première personne. Elle s’engage directement, personnellement, dans chacun des mots, dans chacune des phrases tant violente ou choquante soit-elle. C’est je pense ce qui a rendu cette lecture si intense. Elle y dresse le portrait d’une figure de #femme (elle-même) en inadéquation totale avec les normes de genre imposées par notre société. D’ailleurs elle évoque à plusieurs reprises son énergie masculine et sa virilité. Soit, sa volonté, depuis toujours, de se construire par elle-même, d’être indépendante de toute figure masculine.


Elle prend comme point de départ, pour objet principal de son essai, une expérience de vie de femme : le #viol. Expérience soit dit en passant pas si rare que ça… Je l’ignorais, mais je découvre alors qu’elle a été victime d’un viol à 17 ans, événement qui marque à jamais une rupture dans sa vie. Il y a un avant, et un après. Elle insiste alors sur la position plus qu’ambiguë de notre société à cet égard.


Ca vaut le coup de porter des tenues inconfortables, des chaussures qui entravent la marche, de se faire péter le nez ou gonfler la poitrine, de s'affamer. Jamais aucune société n'a exigé autant de preuves de soumissions aux diktats esthétiques, autant de modifications corporelles pour féminiser un corps. En même temps que jamais aucune société n'a autant permis la libre circulation corporelle et intellectuelle des femmes.

Elle évoque ensuite la #prostitution, sujet qu’elle connaît également bien, puisqu’elle relate sans la moindre honte ni gène (merci !) sa propre expérience. Elle évoque le sentiment immense et addictif de pouvoir que cela lui a procuré et le regard nouveau que cela lui a fait porter sur les hommes. C’est une vision bien moins sordide que celle que les médias et la société veut bien nous donner. De la même façon, et dans un troisième temps, l'auteur nous confronte à sa théorie de la #pornographie.


C’est une véritable claque que je conseille à toutes les femmes mais aussi à tous les hommes.


Il y a une forme de force, qui n'est ni masculine, ni féminine, qui impressionne, affole, rassure. Une faculté de dire non, d'imposer ses vues, de ne pas se dérober. Je m'en tape que le héros porte une jupe et des gros nibards ou qu'il bande comme un cerf et fume le cigare.

L’auteur insiste sur le fait que les injonctions de la société pèsent aussi lourd sur les épaules des deux sexes. Une femme doit afficher sa féminité, être douce, belle en retrait alors qu’un homme devrait être virile, courageux et protecteur. On en revient à l’image de couverture montrant une femme ultra sexualisée et un King Kong. Dans le texte elle file justement la métaphore d’un King Kong androgyne, symbole d’une sexualité d’avant la distinction des genres.


Vous l’aurez compris, je ne suis absolument pas déçue de mon choix et pense sincèrement que cet ouvrage est un classique de la littérature féministe. Une petite pépite puissante et indispensable ! 🙅‍♀️ Je ne sais pas encore avec quoi enchainer … j’attends vos conseils !

KING KONG THÉORIE, Virginie Despentes

Grasset, 2006

Le Livre de Poche, 2007


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Librairie 📖 Le comptoir des mots


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