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Ranger sa bibliothèque

  • Photo du rédacteur: Estelle
    Estelle
  • 10 juin 2019
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 12 févr. 2020


J’ai réussi à obtenir un (plus grand) appartement à #Paris. Et ça n’a même pas été un parcours du combattant : pas de rendez-vous annulé 30 minutes avant, pas de visite à 50 dans un 20 mètres carrés. Pour moi ça a plutôt été : une visite, un dossier, un RDV signature et voilà les clefs, il est à vous.


Super ! Super enthousiaste pendant quelques minutes, je suis ensuite passé par plusieurs émotions : joie, excitation, peur et (j’emménage à Paris alors évidemment), stress et angoisse. Et toutes les questions qui allaient avec … Il n’y a pas d’ascenseur dans l’immeuble, vais-je vraiment pourvoir monter les 5 étages (avec le chat, avec les courses, et sans parler du déménagement) ? Mon miroir préféré rentrera-t-il dans l’entrée ? Et surtout : mais où vais-je bien pouvoir ranger tous mes #livres ?!


Faute de place, je ne pouvais évidemment pas déménager toute ma #bibliothèque actuelle dans mon nouvel appartement. Le premier dilemme, et finalement le plus gros, fût donc de faire une sélection. Mais quels critères choisir ? Ne garder que les beaux dos ? J’aurais alors une bibliothèque homogène, propre, qui participerait à une décoration épurée (que j’adore). Mais alors, cela signifierait faire une croix sur certains de mes livres préférés. Les Harry Potter, par exemple, (je possède les trois premiers tomes en poche et le reste de la série en grand format, soit 7 bouquins de différentes tailles, fatigués, bariolés, écorchés tant ils ont été trimbalés, lus et relus ..). Hors de question. Peut-être qu’il ne faudrait garder que les classiques ? Ou les best-sellers et autres ouvrages récompensés ? Vous savez, ceux qui donnent l’air d’être à la pointe de l’actualité littéraire. Ceux qui disent « Oui je regarde La Grand Librairie tous les mercredi soir, je suis abonnée aux magazines "Lire" et "America" et je ne rate pas un tweet de Bernard Pivot. » Je ne suis pas comme ça, enfin, qu’à moitié. Je ne peux pas trahir ma bibliothèque. Comme tout le monde, j’ai mes petits plaisirs coupables. (Le Diable s’habille en Prada, quelques mangas ..) Pour me sentir bien chez moi, j’avais besoin d’être entourée de mes livres favoris si hétérogènes, mauvais genre, inconnus du grand public qu’ils puissent être. Ils me ressemblent finalement. Chacun d’entre eux me rappelle le moment où je les ai lu. Prenons par exemple Orgueil et Préjugés, je me souviens de l’avoir dévoré sur la plage. À l’époque, j’avais 12 ans, je lisais mon premier Jane Austen et j’étais transportée. J’avais la tête dans la campagne anglaise et les fesses sur le sable ! Nada de Carmen Laforet aussi, un roman révélateur, lu entre deux partiels sur les bancs de la Sorbonne. Paris et Madrid se confondaient dans mon esprit et c’était un peu moi, Andréa. Et plus récemment, les Murakami, lus, relus, prêtés, retrouvés… ils ont voyagé avec moi et en garde certaines traces ! Une tache de café, des pages cornés, une phrase soulignée… C’est tous ceux-là que j’ai emmené. Et tant pis s’il ne reste pas une place pour la nouveauté, il se glissera dans mon sac. Ici, j’ai toutes mes pépites à porté de main, pour mon plus grand bien.


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