Scandaleuse Peyton Place
- Estelle

- 18 avr. 2020
- 3 min de lecture

Je continue mon marathon de lecture spécial #confinement avec un autre classique de la littérature américaine : Peyton Place. Il s’agit du livre qui a inspiré la célèbre #série du même nom aux 500 épisodes diffusés entre 1964 et 1969 aux États Unis (en France elle sera diffusée à partir de 1975) ! N’étant pas une grande fan des soap opera, honnêtement, je ne m’attendais pas à un grand livre et encore moins à une pépite. Et pourtant … !
Peyton Place, le livre, c’est 700 pages de joies, de peines, d’espoirs et de #drama. C’est tout à fait addictif ! Et je vous garantis qu’on ne s’ennuie pas une seconde, et même, que l’on en redemande. Je comprends parfaitement qu’on puisse en tirer 500 épisodes télévisés, c’est un roman extrêmement dense, dans le bon sens du terme.
L’histoire s’ouvre au début des années 40 dans la petite ville américaine de Peyton Place. Vendredi après-midi en plein été indien, la cloche sonne et les élèves sortent en courant de l’école. Parmi eux, Allison MacKenzie et Selena Cross. Deux amies de 13 ans que tout devrait séparer. Au cours des premiers chapitres on découvre tous les habitants de la ville : Miss Thornton, la maîtresse, le docteur Swain, Leslie Harrigton, Seth Buswell, propriétaire du journal local, Lucas Cross, Kenny Stearns et j’en passe. Tous, ainsi que leur existence aussi banale qu’elle puisse paraître, vont nourrir les scandales et les drames cachés de la ville. Adultère, voyeurisme, alcoolisme, inceste, mensonges, meurtre, etc. Aucun répit n’est donné aux personnages, car dans ce petit village, tout se sait, ou presque ! Les habitants sont obsédés par le paraître et par le « qu’en dira t-on ». Les #commérages et les #rumeurs sont maîtres et peuvent faire basculer toute une famille au rang de paria. Leur plus grande peur ? Devenir #fou.
Quant à la folie, même temporaire, ce n’était pas un moyen habile de se tirer d’affaire. À Payton Place, la folie n’était-elle pas considérée comme une tare, comme une maladie honteuse ?
Avec tous ces rebondissements on ne s’ennuie clairement pas. Le livre se lit d’une traite comme on dévorerait une série Netflix 😉. Au delà de ce caractère #addictif, j’ai été agréablement surprise par les qualités #littéraires et #critiques du roman. On est assez loin du soap lisse auquel on pourrait s’attendre. D’une part l’auteure nous livre une peinture sociale saisissante et corrosive des « petites » villes américaines de la Nouvelle Angleterre. Les riches vivent les uns à côté des autres dans la même rue alors que les pauvres sont entassés dans des cabanes à la périphérie de la ville. C’est au sein même des foyers, pourtant synonyme de protection, que les dysfonctionnements apparaissent et se multiplient. L’ American Way of Life en prend un bon coup ! D’autre part, l’auteure place les femmes au cœur de son roman. Le récit tourne principalement autour d’elles et les héroïnes ne sont ni dociles, ni soumises. Enfin, les personnages, aussi nombreux soient-ils, sont très bien pensés et psychologiquement développés.
Lors de sa première publication en 1956, Peyton Place fit scandale. C’est le tout premier « blockbuster ». Il fut qualifié de « sordide », « vulgaire », « amoral » et fut même banni de nombreuses librairies et bibliothèques ! En attendant, à la fin de cette même année, 1 américain sur 29 avait acheté le livre. Je vous laisse deviner pourquoi … C’est une vraie pépite qui mérite de connaître une seconde jeunesse ! Je ne peux que vous le conseiller ! 🇺🇸❤️
PEYTON PLACE, Grace Metalious Première publication en langue française en 1958 par les Éditions Colbert sous le titre Les Plaisirs de l’Enfer Presses de la cité, 2015 10/18, 2016



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