Un p'tit coup d'joie ?
- Estelle

- 23 déc. 2018
- 2 min de lecture

J’ai beau avoir une pile à lire de nouveautés, plus haute et plus distordue que la tour de Pise, au moment de choisir une lecture, je doute toujours un peu. Souvent, je préfère aller pêcher celui qui se trouve tout en bas, caché, presque oublié. Ce jour-là, après avoir déplacé non sans mal la fameuse pile de bouquin, je tombais sur Joie. Il me semble que je me l’étais procuré l’hiver dernier, attirée par son titre évidemment et par le charme discret et élégant des couvertures des éditions Sabine Wespieser. L’objet m’avait séduit. Mais difficile d’être à la hauteur d’un titre pareil, non ?
Le roman s’ouvre sur la mort de Gigi, un jeune vieux réalisateur italien. Sa fille, Elvira se charge de récupérer ses affaires et découvre un étrange manuscrit. Une histoire d’amour. Elle se rend rapidement compte qu’il ne s’agit pas d’une fiction mais de l’histoire d’amour adultère de son père et de Clara, une journaliste d’au moins 10 ans sa cadette. Sans émettre le moindre jugement, elle tente de comprendre les amants en allant à la rencontre de Clara et en lui demandant sa version.
Le pitch est simple, certes, plein de bonnes intentions (l’auteure signe ici son premier roman). Le livre raconte une histoire d’amour « mature » qui bouleversera la vie de deux amants qui avaient alors déjà tout construit, le tout avec l’approbation discrète de la fille de Gigi. Mais, ce qui m’a bouleversé c’est justement cette simple histoire d’amour. Gigi et Clara sont envahis par un sentiment pur, puissant, presque douloureux à l’instar des ados qui connaissent leur premier coup de foudre. C’est la plénitude d’un amour caché, un amour qu’on vit intensément car on sait que le plus gros est derrière nous « parce que ce sera le dernier ». C’est aussi une histoire sur fond de méditerranée, jalonnée de références au cinéma, à la littérature, à l’Italie. Cette douce atmosphère m’a, vous imaginez bien, réchauffé le cœur et l’esprit. Un p’tit coup de joie quoi.
Arrivée à un moment quelque peu ennuyeux de mon existence, où mon quotidien me semblait terne et morose, cette lecture m’a apporté une nouvelle énergie. Une douce lumière s’est installée en moi aux fils des pages. C’est une histoire qui, parce qu’elle est simple, fait du bien, un bouquin précieux qui (je vais essayer promis !) ne se retrouvera plus au bas d’une pile mais bien parmi mes pépites.
Les histoires d’amour, on en parle au début et à la fin. Mais on ne raconte jamais le milieu. C’est pourtant très beau, cette période du milieu. Ce sentiment de plein. Tout est là. Tout va bien.
JOIE, Clara Magnani
Éditions Sabine Wespieser, paru le 2 février 2017



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