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Ça te dit le dernier besson ? C'est sur macron

  • Photo du rédacteur: Estelle
    Estelle
  • 23 déc. 2018
  • 3 min de lecture

Besson. Un de mes auteurs préféré, découvert lui aussi tardivement, grâce à une couverture 10/18 de L’arrière-saison. Il s’agit d’un célèbre tableau de Hopper, celui de la scène de nuit au Phillies qui laisse place à mille scénarios. J’avais moi-même rédigé quelques pages sur la vie de cette femme rousse incendiaire et de ses deux coéquipiers à chapeaux lors de mes années collège. À la vue de cette couverture, j’étais donc très intriguée mais aussi un peu vexée. Un vrai auteur m’avait volé mon idée : écrire à partir de ce tableau. Je me le procurais rapidement, le dévorais et depuis tous les autres. Jusqu’à ce matin là, à la lecture de ce texto : « Ça te dit le dernier Besson ? C’est sur Macron ».


Le dernier Besson

Est-ce que ça me dit ? Evidemment. C’est sur Macron, ça c’est étrange, je n’avais jamais envisagé Besson écrire un livre politique mais enfin pourquoi pas. Quelques semaines passent, le livre toujours posé sur ma table de chevet, il n’a pas bougé. Je l’évite un peu, je le regarde, le touche, le repose finalement. Je l’appréhende. J’ai peur d’être déçue. Un roman sur le président ? Je ne suis même pas sûre qu’il s’agisse d’un roman, m’étant un peu renseignée j’ai appris que l’auteur connaissait bien Monsieur Macron et son cercle rapproché. Témoignage, fiction, réalité ? Je ne sais pas bien quelle étiquette lui donner et ça me dérange. Son titre Un personnage de roman, finit par me convaincre, tant il pose de question lui aussi.  


Un personnage de roman

Dès la lecture des premières pages, j’ai compris qu’il ne s’agissait pas d’un livre politique. Pour mon plus grand plaisir. Besson nous livre plutôt une psycho analyse d’un homme et de son incontestable aura. Car qu’on l’aime ou qu’on le déteste, il fascine. Élu président de la république à 39 ans, créant un parti en quelques mois, son destin est de toutes façons singulier. On comprend vite ce que Besson a vu de romanesque en lui. Comparé tout le long du récit à Julien Sorel, à Frédéric Moreau, en passant par Brutus, Icare et Sisyphe, il se détache finalement de toutes références. Son destin est unique. Ce qu’on retrouve néanmoins dans son histoire c’est la façon dont le destin d’un homme, son parcours personnel, se mêle à l’histoire collective, l’Histoire Nationale, de la même façon que dans nos grands romans historiques (j’ai pensé à Cinq-Mars, Aux voyageurs de l’impériale aussi…). 


Le roman d'une aventure 

Macron sera donc un personnage de roman,  « puisqu’il est romanesque ». Et Besson, un auteur de roman puisqu’il n’y a rien d’objectif dans ce récit. À l’inverse du journaliste, il cherche l’aveuglement, la manipulation et la séduction. C’est là encore que Emmanuel M. est intéressant, il séduit. Le romancier est pris dans son propre piège et souligne d’ailleurs à plusieurs reprises l’emprise que prend sur lui son « personnage ». Il se surprend à s’investir dans sa campagne, à le conseiller (lui et sa femme Brigitte), mais au fond pour quelles raisons ? Pour la France, pour les français, pour son livre ?

C’est ensuite plus précisément un roman d’aventure car il raconte la montée en puissance du candidat d’En Marche !, du « c’est une folie », à « c’est peut être possible ». Ce long et périlleux travail de campagne se mêle à celui de l’écriture du roman. C’est finalement le roman de deux aventures, celle de deux hommes amoureux de littérature.

Tu vis le roman que tu n’as pas écrit. Et moi, je l’écris à ta place. 

Double pépite !



UN PERSONNAGE DE ROMAN, Philippe Besson

Éditions Julliard, paru le 7 septembre 2017

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