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Folle de foujita

  • Photo du rédacteur: Estelle
    Estelle
  • 23 déc. 2018
  • 2 min de lecture

Enfin un long week-end ! Trois jours pour dormir, trois jours pour profiter de ses amis, pour lire, pour sortir et pour prendre le temps de faire ce qu’on aime tant. Débordée ces dernières semaines, je n’avais pas mis le pied dans un musée depuis… bien trop longtemps ! Je profitais de ce long week-end pour y remédier. Me voilà donc en route pour le musée Maillol…  




Le musée Maillol, petit établissement de la rue de Grenelle que je découvrais par la même occasion, met à l’honneur le peintre Foujita cinquante ans après sa mort en 1968 dans une exposition intitulée « Foujita, peindre dans les années folles ». Fouji quoi ? J’admets n’avoir jamais entendu son nom avant l’exposition, et pour mon plus grand regret. Quelle découverte ! Son œuvre est un condensé de plusieurs mouvements et horizons, et son trait d’une rare délicatesse. Je n’avais jamais vu aucun de ses tableaux et pourtant ils m’ont tous semblés si familiers. J’ai eu cette sensation, vous savez, lorsque vous rencontrez quelqu’un, que le feeling est si simple et si évident que vous avez l’impression de l’avoir toujours connu. Un coup de cœur, comme on dit.


L’exposition se concentre sur la première période parisienne de l’artiste entre 1913 et 1931. On retrouve ainsi dans ses tableaux les influences certaines de ses camarades de l’ « École de Paris », Modigliani, Zadkine, Soutine, Kisling ou Pascin… Et pour cause, ils se rencontraient tous au café de Vavin où ils refaisaient le monde. Modigliani et Foujita partagèrent même la même palette lors d’un séjour à Cagnes-sur-Mer chez le grand poète et marchand d’art polonais Léopold Zborowski. Ce qui explique pourquoi les portraits de femmes aux visages allongés me semblaient si familiers… Mais loin d’être un simple suiveur et malgré ses influences, Foujita a sa propre pâte. Il traverse les grands courants tout en apportant à chacun de ses tableaux ce je ne sais quoi japonais : un trait, une couleur, un reflet. Définitivement le plus oriental des peintres de Montparnasse.



Parmi ses thèmes récurrents on trouve les femmes, les chats (et là il m’a touché droit au cœur !) et les autoportraits. Les femmes, ou plutôt, ses femmes (véritable tombeur, il enchaina les conquêtes toute sa vie), sont ses véritables muses. Il les peint nues, allongées, languissantes et pleines de formes. Les voluptueuses hanches de Kiki de Montparnasse et de son amante Yuki l’inspirèrent pendant toute cette période. Les chats, quant à eux, sont comme sa signature. On les retrouve dans la quasi-totalité de ses tableaux. Paresseux sur un lit derrière une femme allongée, malicieux derrière l’épaule de l’artiste, ou râleurs et fiers au centre d’une toile. Enfin les autoportraits résument l’artiste qu’il était. Un homme charismatique, jouissant de la vie, bien loin du cliché de l’artiste torturé, aux yeux tantôt rieurs, tantôt charmeurs et souvent accompagné d’un chat, d’une femme et d’un pinceau !


Une belle balade, une rencontre inattendue et une nouvelle pépite. L’exposition donne à voir cette harmonieuse synthèse entre Orient et Occident que fût l’œuvre de Foujita, tout particulièrement pendant sa période parisienne. À découvrir de toute urgence !

FOUJITA, Peindre dans les années folles

Musée Maillol

Du 7 mars au 15 juillet 2018

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