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Mucha mania

  • Photo du rédacteur: Estelle
    Estelle
  • 19 janv. 2019
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 20 janv. 2019


Quoi de mieux pour occuper ses dimanches de janvier qu’un ciné ou un musée ?!

J’ai de la chance, je vis dans LA capitale qui regorge d’expositions, de musées et d’événements en tous genres. Impossible d’être à cours d’idées ! Ce dimanche, je me rendais donc dans le quartier du Luxembourg découvrir l’exposition consacrée à Alphonse Mucha.


C’était la première fois que j’allais au musée du Luxembourg, charmant petit musée à l’entrée du jardin (côté rue de Vaugirard). Charmant mais encombré. 10h30 et déjà devant les grilles la foule se bousculait. Je conseille vivement (et ne comprends pas bien pourquoi tout le monde ne le fait pas !) de réserver sa place en avance. Tous les musées de Paris ont un site en ligne qui permet notamment de réserver son billet. Mon billet en poche, j’évitais la queue, le blizzard et les impatiences !


Malgré la foule je découvrais une œuvre riche et sublime. Si je connaissais bien sûr ses célèbres affiches et ses dessins publicitaires j’ignorais tout un pendant de sa vie. Alphonse Mucha était un grand artiste mais aussi, et je le découvris ce jour-là, un philosophe, un homme profondément patriote et engagé dans la cause sociale. Dans cette Europe menacée par l’Allemagne nazie, il était convaincu que l’art pouvait aider les peuples à s’unir pour le progrès de l’humanité. Il sera malheureusement arrêté par la Gestapo en 1939. Et mourra le 14 juillet suivant, à Prague.


L’exposition retrace de manière chronologique la carrière de Mucha. Les premières salles sont consacrées à ses affiches pour Sarah Bernhardt, sûrement la plus grande actrice de l’époque dans le Paris bohème des années 1890. C’est à elle qu’il doit son grand succès. Les rumeurs disent que la comédienne tomba un jour par hasard sur une affiche de Mucha et dit :


Ah ! Que c’est beau ! Dorénavant, vous travaillerez pour moi, près de moi. Je vous aime déjà.

Il devint célèbre du jour au lendemain. Pendant plusieurs années il réalisa non seulement les affiches de Sarah (muse et amie fidèle) mais aussi ses décors de scène et ses costumes. Ses affiches étaient très originales, reconnaissables par tous, un format long, une actrice de plein pied, des lettres art déco : le « style Mucha » était né. J’étais ravie de découvrir en « vraie » ces affiches. Je retrouvais la célèbre « Médée », mais aussi « Lorenzaccio » et « La Dame aux Camélias ». Les détails, les ornements, la finesse des traits et les couleurs sont incroyables.


Dans les année 1900, Mucha touche un public encore plus large. Ses dessins vont occuper une place centrale dans la culture visuelle de l’époque. Il réalise de nombreuses affiches publicitaires : le parfum Rodo, les biscuits Lefèvre-Utile, Moët et Chandon, etc. Mon coup de cœur revient à la publicité réalisée pour le champagne Ruinart. Un long format, une femme de plein pied (comme d’habitude) mais cette fois si un verre à la main et les cheveux en pétard. Le tout donne à voir une espèce de nymphe pompette. Belle et drôle !


Je (re)découvre ensuite les quatre saisons. Une série de panneaux décoratifs représentant le printemps, l’été, l’automne et l’hiver. Un concentré de poésie, de finesse et de féminité. On reste tous plantés devant, un moment. C’est tout simplement sublime. Les femmes de Mucha ressemblent à des nymphes, des Dames Natures lascives et entourées de fleurs. On touche du doigt l’être idéal. Ca m’a donné envie de nature, d’air pur. Ca tombait bien, la foule commençait à se dissiper.


Les salles suivantes montrent des œuvres plus sombres de la carrière de Mucha. Je découvre qu’il s’est beaucoup intéressé aux sciences occultes et mythiques et qu’il a rejoint la franc-maçonnerie en 1898. Il s’éloigne alors du célèbre « style Mucha » et crée des œuvres sociales, politiques et philosophiques. C’est un art compatriote, il représente des femmes slaves, pauvres (on est alors plus proche de la sorcière que de la muse des forêts). Cette dernière partie et quelque peu glaçante mais très intéressante pour comprendre l’œuvre de cet artiste complexe.


Je finis dans la boutique du musée dans laquelle je passe peut être autant de temps voir plus que dans les salles précédentes (c’est ma petite faiblesse). Je repars avec le magazine des Beaux Arts (très complet, on y trouve un entretien avec la commissaire de l’exposition, un résumé de la vie et de l’œuvre de l’artiste et de très belles reproductions des ses tableaux) et plein d’autre babioles. Les ornements de Mucha sont irrésistibles !


Si vous ne l’avez pas encore vu, courrez au Musée du Luxembourg découvrir cette belle exposition. Plus qu’une semaine !! 🎨❤️

Alphonse Mucha

Musée du Luxembourg, du 12 septembre 2018 au 27 janvier 2019

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