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Irving Penn, photographe du réel

  • Photo du rédacteur: Estelle
    Estelle
  • 23 déc. 2018
  • 3 min de lecture

Grande adepte des expositions de la RMN et séduite à la première vue de leurs affiches, la petite dernière consacrée à Irving Penn n’a pas dérogé à la règle. Quelques jours après son ouverture me voilà déjà devant les portes du Grand Palais, impatiente de découvrir les œuvres de cet homme que je ne connais à vrai dire que de nom. Des photographies de mode en noir et blanc m’avait-on dit. J’en ai vu, certes, mais ce n’est pas ce que j’ai retenu. 



Des photos de mode en noir et blanc 

En entrant dans la première pièce, je suis un peu déçue. Je m’attendais, allez savoir pourquoi, à des photographies immenses qui prendraient tout un pan de mur. Non, les photos sont de taille tout à fait normale voire parfois trop petites à mon goût. Passé ma contrariété, je suis en effet bluffée. Plus que des clichés de mode réalisés à des fins commerciales, ce sont des œuvres signées par un artiste. Irving Penn ne se sentait pas à l’aise avec la foule de la presse et des photographes propre au milieu de la mode. Il emmenait donc ses modèles dans des studios pour le moins originaux ! Dans des bâtiments abandonnés à la lumière naturelle, il les plaçait devant un simple rideau de théâtre, contre un mur ou dans un angle. Résultat : des séries de photos inégalées. Les défauts de chacun en ressortent : un gros nez, des grands pieds, une silhouette bossue, pour notre plus grand plaisir ! 



Des portraits pénétrants

L’autre signature qui a fait le succès de Monsieur Penn : ses portraits. On les (re)découvre avec plaisir et on pourrait tous les évoquer tant ils sont captivants. Il y a une éloquence instantanée dans chacun d’entre eux. L’œil perçant de Pablo Picasso et la moue innocente de Carson McCullers restent mes favoris. MAIS, parce qu’il y a toujours un mais, j’avais déjà vu tout ça plus ou moins, dans des magazines, des expositions des livres de photographie et j’admets que je commençais à bailler. Et à étouffer. C’est mon problème lorsque je fais des expositions, je ne supporte pas d’être collée à la foule et encore moins de baigner dans les effluves d’Opium et de Shalimar des grands-mères qui ne les sentent surement plus ! Je devais m’échapper. 



Des situations réelles 

Enfin sortie, je suis l’exposition et suis bien surprise de ce que l’on découvre à l’étage. Une généreuse série de nues, libérée du filtre de la mode. Ce sont des « femmes réelles dans des situations réelles ». C’est étonnant, un peu dérangeant au début. Autours de moi, plus grand monde, la majorité passe rapidement, gênée par ces vrais corps de femme… Ils sont si différents des silhouettes longilignes parées d’étoffes de l’étage du dessous, qu’il faut, c’est vrai, un instant, pour les apprivoiser. Mais lorsque c’est fait, on ne peut que les aimer. Vient ensuite une série toute aussi étonnante, celle des mégots de cigarettes. Comme pour les nues, les gens passent assez vite et préfèrent les portraits, plus rassurants, des célébrités qui viennent juste après. C’est vrai que ces mégots sont intrigants. Irving Penn a ce génie de créer des séries d’images d’une grande beauté montrant des choses pourtant si indignes de notre intention. 

L’exposition célèbre les 100 ans de la naissance de cet américain qui a changé la photographie de mode mais aussi celle du réel, des corps nus dégoulinants et des mégots écrabouillés. J’adore et je dis « pépite ». 


IRVING PENN

Grand Palais

Du 21 septembre 2017 au 29 janvier 2018

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