top of page

Schiele & Basquiat

  • Photo du rédacteur: Estelle
    Estelle
  • 23 déc. 2018
  • 4 min de lecture


Jean-Michel #Basquiat, Alberto Giacometti, Pablo Picasso, mais aussi Joan Miró, Egon #Schiele... les expos de la rentrée culturelle 2018 créent l'événement. C’est l’occasion pour moi de consacrer mes prochains articles à l’art que j’avais, je l’admets, un peu abandonné au dépend de mes fidèles bouquins… Je commence par la plus attendue de la rentrée : Basquiat et Schiele à la #FondationLouisVuitton. Une double exposition qui rassemble deux colosses, deux figures majeures de l'art contemporain du XXe siècle pour Basquiat et de l'expressionnisme pour Schiele. Succès assuré. Je m’attendais à en prendre plein les yeux … et je ne fus pas déçue !



Si je connais bien l’œuvre d’Egon Schiele (l’une de ses danseuses a trôné dans le salon de mes parents pendant toute mon enfance), œuvre que je suis ravie de découvrir « en vrai » pour la première fois, celle de Jean-Michel Basquiat m’est plus obscure. J’ai entendu son nom mille et une fois, vu ses tableaux et collages sur les t-shirts de mes amis, mais mes connaissances s’arrêtent là. Il me tardait d’en découvrir davantage.

Chanceuse, je réussis à obtenir non sans mal une invitation pour la soirée d’ouverture ce mardi 2 octobre. À mon arrivée, autours de 19 heures, je retrouve la Fondation, fière et audacieuse. Je l’ai toujours trouvée très belle mais cette fois-ci je suis forcée de l’observer un peu plus longtemps. Elle est à chaque fois différente, évoluant en fonction de l’heure et de la lumière. Dissimulée derrière le bois et la brume, elle reflète les timides rayons de soleil de cette fin de journée d’automne. Le cadre est magnifique.

​​

Egon Schiele

​Je commence la visite par la partie consacrée à Egon Schiele, trop impatiente de voir ses tableaux. Je suis vite déçue. Je ne retrouve quasi aucune des mes danseuses et autres nus favoris et m’aperçois que peu de ses toiles sont réunies… Ce double évènement est finalement une exposition colossale de l’œuvre de Basquiat (j’y reviendrai) accompagnée d’un aperçu de celle de Schiele. Soit. Passé la petite déception, les tableaux exposés sont tout simplement sublimes. On retrouve avec plaisir le style très singulier de l’artiste. Dans chacun de ses corps on peut voir cette étrange distorsion, anatomiquement impossible, et les poses étranges qu’il fait subir à ses figures. Elles ont presque l’air malade, en souffrance, voire à la frontière de la mort. Egon Schiele le dira lui-même dans un poème de 1910 « Tout est mort vivant ». Mais de ces poses étranges et de ces corps cadavériques émane une élégance et une rare poésie. Ses figures m’ont toujours fascinée. Il faut regarder attentivement la forme des mains, si longues et si fines (il y a certainement un problème de nerfs et de proportion). Après ses mains, ce que j’aime par dessous tout c’est son utilisation de la couleur. Ses contours affirmés sont accompagnés de rares touches de couleur (des verts, des bleus, des oranges vifs) qui mettent en tension la figure avec le fond, vide. Ces quelques toiles confirment ma passion pour ce peintre. À voir absolument !



Jean-Michel Basquiat

​Commence alors l’espace consacré à Jean-Michel Basquiat, soit onze salles (compter une bonne demi-journée pour apprécier la visite). Je suis tout de suite scotchée par la taille de ses œuvres, immenses ! Les couleurs, les gribouillis, les taches nous explosent à la figure. On est loin du raffinement des figures de Schiele. La transition est brutale, géniale. Je découvre avec plaisir une œuvre engagée, intelligente et extrêmement riche. Par-ci, trois énormes têtes à la fois masque, visage et crâne, par-là, des voitures et des bonhommes simplistes. On croirait des dessins d’enfants, on sourit, on entend des « Moi aussi j’aurais pu le faire… ! ».  Encore faut-il le faire, car, loin d’être des gribouillis, ces tableaux sont de véritables armes de protestation. Chaque détail (et il y en a !) a une signification, chaque toile est un discours, un plaidoyer pour la défense des minorités : le peuple noir américain, les femmes, les émigrés.

Les bonhommes qui habitent ses toiles sont en fait de véritables guerriers à l’anatomie et aux proportions surhumaines (et là je trouve le premier point commun entre les deux artistes exposés).  Les bras levés en signe de protestation, ils sont souvent coiffés d’une couronne. J’apprends au passage que cette couronne est un trait distinctif de Basquiat, comme une signature. Elle oscille entre la simple couronne des rois, la couronne de laurier, et celle christique des martyres. Basquiat dépeint ainsi la révolte de l’homme noir dans sa lutte contre l’oppression et tente de sortir des carcans de l’histoire de l’art. Beaucoup de mots noircissent également les toiles de l’artiste. Créateur de liste comme Picasso, qui fut un de ces grands modèles, il recopie des mots, des faits, des schémas. Tantôt motifs, tantôt crie ou hurlement, ils redonnent la parole aux opprimés.120 tableaux aux couleurs franches, une centaine de guerriers, de cris et d’armes… j’en sors un peu étourdie ! Ravie cependant d’avoir découvert cet univers si singulier.



L’expérience se poursuit alors dans l’Auditorium où le tintement des coupes de champagnes se mêle aux conversations. Impossible de croiser les deux artistes à l’honneur - tous les deux morts à l’âge de 28 ans (deuxième point commun) – j’ai tout de même la chance d’être entourée de nombreux sosies. Cheveux en pétard ou étranges dreadlocks nouées en queues de cheval, c’est tout un art. Je repars de la Fondation, quelques cartes et autres souvenirs dans le sac (à défaut d’un tableau de Schiele) en pensant à la rédaction de cet article. Je conseille vivement cette double exposition tant pour les œuvres sublimes qui y sont exposées que pour la fondation qui l’accueille. Son architecture et les volumes qu’elle offre subliment, chaque fois, la culture et la création artistique.

Pépite ! 🎨 ✨


EGON SCHIELE & JEAN-MICHEL BASQUIAT

Fondation Louis Vuitton

Du 3 octobre au 14 janvier 2019

Commentaires


  • Noir Facebook Icône
  • Black Instagram Icon
  • Black Twitter Icon
bottom of page